Société Bretonne du Camellia - Bouturage


Le bouturage des camellias

méthode de Jean Quiviger (extrait du Bulletin N°94)

La pratique de Jean Quiviger est inspirée d’expérience et de techniques professionnelles. Jean a été longtemps chef de production dans une pépinière spécialisée dans la production de camellias. Dans l’ensemble, cette pratique intéresse plutôt les amateurs qui bouturent beaucoup ; cependant de nombreux détails peuvent être particulièrement précieux pour les débutants.

1. MATÉRIAUX, MATÉRIEL ET OUTILLAGE

Supports : plaques à alvéoles rondes, de 7 cm de profondeur et de 4 cm de diamètre au moins, avec des rainures verticales à l’intérieur pour empêcher les racines de “tourner autour du pot”, et un trou de drainage et de dépotage.
Substrat : terreau de bouturage tout prêt, avec perlite, ou terreau professionnel normalisé, spécial pour plantes de terre de bruyère (pH 6 au maximum).
Désinfectant : alcool à 90°, par exemple, à utiliser avec un pulvérisateur.
Outils : greffoir, ou couteau bien affûté, et sécateur.

2. PRÉPARATION DE LA PLAQUE

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Remplir toutes les alvéoles de façon égale, en malaxant le substrat entre les mains pour pulvériser les grumeaux.
Tasser, sans compacter, à la main, ou avec d’autres plaques (c’est plus régulier. On peut même appuyer sur les plaques avec une planche pour encore plus de régularité.) Il faut tasser suffisamment pour que tout le substrat soit bien humidifié de façon homogène, mais sans excès pour qu’il ne soit pas trop humide et puisse respirer.
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Après tassement, rajouter du substrat pour remplir les alvéoles jusqu’à la surface. Égaliser de nouveau pour finir.
Arroser abondamment la plaque au jet ou à l’arrosoir, en pluie très fine et légère.
Si on peut préparer la plaque et l’humidifier 1 jour, ou plusieurs jours avant le bouturage, c’est mieux. En la laissant s’égoutter, mais en l’empêchant de se dessécher, évidemment.

3. PRÉPARATION ET IMPLANTATION DES BOUTURES

Désinfecter les outils par pulvérisation.

Prélever les boutures sur le bois de l’année, aoûté. Choisir des rameaux avec bourgeons à bois axillaires bien formés. Couper le rameau au-dessus d’une feuille ou à la base de la ramification.
Normalement, avec un rameau vigoureux et bien développé, on peut former plusieurs boutures.

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Trancher les boutures juste au-dessus d’une feuille et de son bourgeon, toujours en biais pour éviter la stagnation de l’eau et le pourrissement de la bouture par le haut.
On peut couper des boutures de tête (la partie terminale du rameau) avec 2 ou 3 feuilles, des boutures de tige (portions de rameau sous la partie terminale) avec 2 feuilles, ou même des boutures de tête ou de tige à 1 feuille, pourvu qu’il y ait 1 ou 2 bourgeons à bois bien formés.
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Enlever avec précaution, en les tournant, tous les bourgeons à fleurs. S’il y a au sommet 3 bourgeons à bois, détacher avec précaution le bourgeon central. S’il y a au sommet 1 bourgeon à fleur et 1 seul bourgeon à bois, il vaut mieux tout trancher jusqu’au bourgeon suivant. Ces opérations ont pour but de favoriser les ramifications latérales et un port plus étoffé à partir de la base.
Si on cherche à former un camellia-tige, on privilégiera au contraire le bourgeon de tête.
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Trancher proprement et nettement à la base de la bouture, avec le greffoir, un copeau d’écorce de 1 à 2 cm de longueur (par précaution, protéger les doigts!). Cette découpe augmente la surface du cambium (partie verte et vivante de l’écorce, émettrice de racines), et donc les possibilités de production de racines et les chances de reprise de la bouture.
Piquer les boutures bien droites au centre d’une alvéole, jusqu’à la première feuille. Autant que possible, orienter les feuilles dans le même sens.
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ET LES HORMONES ?
On peut pulvériser de l’hormone liquide sur les alvéoles après implantation des boutures. Mais les hormones liquides sont des produits professionnels coûteux, intéressants seulement pour de grosses quantités de boutures (des centaines ou des milliers!). On peut aussi utiliser de l’hormone en poudre, mais son emploi est très délicat, et elle peut faire pourrir la bouture si celle-ci n’est pas bien aoûtée.

4. ENTREPOSAGE DES BOUTURES

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Placer les plaques garnies de boutures dans un mini-tunnel. On peut le faire avec des arceaux et une bâche plastique blanche semi-transparente.
Choisir un emplacement lumineux, mais à l’ombre, ou mettre à l’abri d’un autre grand tunnel.
 
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Tout prévoir, si possible, pour que les plaques puissent être disposées de façon que le bourgeon (s’il n’y a qu’un bourgeon par bouture), ou un bourgeon, soit orienté vers la lumière dominante pour favoriser un port ramifié (d’où l’intérêt d’orienter les feuilles dans le même sens).
Si possible, enterrer la plaque dans un lit de sable mouillé, qui sera facile à réhumidifier, gardera une humidité sans excès, drainera bien, et assurera une bonne aération des alvéoles.
Fermer le tunnel en maintenant les bords de la bâche par de la terre, des barres de bois, etc., en prévoyant de pouvoir la soulever facilement d’un côté pour l’entretien et l’arrosage.

5. ÉLEVAGE DES BOUTURES
Soulever le plastique chaque semaine ou chaque quinzaine, suivant la température. Vérifier si la surface du substrat est toujours humide. Arroser délicatement si la surface se dessèche.
Attendre au moins 6 mois avant de toucher aux boutures.
Au bout de 6 mois, on peut soulever les plaques pour voir si des racines sortent des alvéoles. Si les racines sont bien formées, on peut “sevrer” les boutures en enlevant le plastique. Éviter quand même absolument les coups de froid et de chaleur, et le vent.
Attendre 1 an avant de rempoter. On peut rempoter si le contenu de l’alvéole se dépote d’un seul bloc, et si les racines ont colonisé tout le substrat. En ce cas, il ne faut pas trop tarder à rempoter, car les racines risquent de “tourner”, et la plante risque de dépérir.

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